Fin du monde sous filtre doux
Chérie,
J’ai pensé à ces filtres qui rendent tout plus doux. Les visages. Les paysages. Même les mauvaises nouvelles. Tant que l’image reste belle, on se dit que le reste est secondaire.
Ici, tout est calme. Trop calme. La liberté ne s’effondre pas, elle se laisse lentement engloutir, pendant que l’on prolonge l’instant, un verre à la main, convaincu que quelqu’un finira bien par s’en occuper.
Le happy hour dure toujours un peu trop longtemps.
Santé!
Joan
Description de l’œuvre
Fin du monde sous filtre doux est un collage numérique dans lequel Joan Seed entremêle l’esthétique rassurante de l’Amérique des années 1960 à une anxiété politique et écologique profondément contemporaine. La scène se déploie dans une palette de verts aquatiques, de bleus feutrés et de tons sauge, évoquant à la fois des paysages lacustres et certaines peintures impressionnistes de rivages paisibles.
L’ensemble dégage une atmosphère de calme presque trompeur – celle d’un chalet au bord de l’eau, à l’heure où le jour s’efface lentement.
Au cœur de cette sérénité factice, la statue de la Liberté apparaît presque entièrement submergée. Son geste demeure figé, mais sa torche, désormais éteinte, tient davantage du vestige que du signal. La liberté, ici, ne s’effondre pas dans le fracas : elle se noie silencieusement, absorbée par le paysage, comme si sa disparition faisait déjà partie du décor.
À droite, une femme assise – martini à la main, un second déjà prêt – incarne une forme de torpeur volontaire. Son regard, presque attendri, se pose sur Miss Liberty avec une nostalgie douce, comme si elle contemplait les restes d’un monde révolu. Dans cette posture suspendue se lit l’engourdissement choisi d’une humanité qui préfère prolonger l’instant agréable plutôt que d’affronter ce qui s’annonce.
Plus haut, une enfant dérive dans une barque, tendant des fleurs vers l’eau. Le geste oscille entre innocence et deuil, comme si elle déposait une offrande sur la tombe d’un monde dont elle hérite déjà fragilisé. La scène est calme, presque belle, mais profondément troublante : la catastrophe est bien là, simplement rendue acceptable par son esthétisation.
La présence du papillon, discret mais lumineux, agit comme un contrepoint symbolique.Il ne marque pas une reconquête de la nature, mais en esquisse la possibilité : celle d’une liberté encore fragile, organique, non institutionnelle, qui pourrait un jour subsister en marge des monuments, des symboles et des récits de pouvoir qui l’ont longtemps dominée.
Par le jeu des reflets dans l’eau, Joan Seed renvoie enfin le regard vers le spectateur. Comme un miroir, la surface rappelle notre capacité d’autocontemplation et notre propension à confondre lucidité et narcissisme. Fin du monde sous filtre doux ne dénonce pas frontalement : l’œuvre observe, avec une ironie douce mais implacable, notre aptitude à filtrer l’alarme tant que l’image demeure belle.
Détails de l’œuvre
Titre : Fin du monde sous filtre doux
Artiste : Joan Seed
Année : 2025
Technique : Collage numérique en techniques mixtes
Formats : 76,2 × 76,2 cm (30 × 30 po) // 152,4 × 152,4 cm (60 × 60 po)
Support : Impression giclée de qualité muséale sur papier coton texturé archivistique
Édition : Tirage limité, signé et numéroté
Livraison : 150 $ CA – expédition internationale possible.
Droits d’auteur : © Joan Seed. Tous droits réservés.
Chérie,
J’ai pensé à ces filtres qui rendent tout plus doux. Les visages. Les paysages. Même les mauvaises nouvelles. Tant que l’image reste belle, on se dit que le reste est secondaire.
Ici, tout est calme. Trop calme. La liberté ne s’effondre pas, elle se laisse lentement engloutir, pendant que l’on prolonge l’instant, un verre à la main, convaincu que quelqu’un finira bien par s’en occuper.
Le happy hour dure toujours un peu trop longtemps.
Santé!
Joan
Description de l’œuvre
Fin du monde sous filtre doux est un collage numérique dans lequel Joan Seed entremêle l’esthétique rassurante de l’Amérique des années 1960 à une anxiété politique et écologique profondément contemporaine. La scène se déploie dans une palette de verts aquatiques, de bleus feutrés et de tons sauge, évoquant à la fois des paysages lacustres et certaines peintures impressionnistes de rivages paisibles.
L’ensemble dégage une atmosphère de calme presque trompeur – celle d’un chalet au bord de l’eau, à l’heure où le jour s’efface lentement.
Au cœur de cette sérénité factice, la statue de la Liberté apparaît presque entièrement submergée. Son geste demeure figé, mais sa torche, désormais éteinte, tient davantage du vestige que du signal. La liberté, ici, ne s’effondre pas dans le fracas : elle se noie silencieusement, absorbée par le paysage, comme si sa disparition faisait déjà partie du décor.
À droite, une femme assise – martini à la main, un second déjà prêt – incarne une forme de torpeur volontaire. Son regard, presque attendri, se pose sur Miss Liberty avec une nostalgie douce, comme si elle contemplait les restes d’un monde révolu. Dans cette posture suspendue se lit l’engourdissement choisi d’une humanité qui préfère prolonger l’instant agréable plutôt que d’affronter ce qui s’annonce.
Plus haut, une enfant dérive dans une barque, tendant des fleurs vers l’eau. Le geste oscille entre innocence et deuil, comme si elle déposait une offrande sur la tombe d’un monde dont elle hérite déjà fragilisé. La scène est calme, presque belle, mais profondément troublante : la catastrophe est bien là, simplement rendue acceptable par son esthétisation.
La présence du papillon, discret mais lumineux, agit comme un contrepoint symbolique.Il ne marque pas une reconquête de la nature, mais en esquisse la possibilité : celle d’une liberté encore fragile, organique, non institutionnelle, qui pourrait un jour subsister en marge des monuments, des symboles et des récits de pouvoir qui l’ont longtemps dominée.
Par le jeu des reflets dans l’eau, Joan Seed renvoie enfin le regard vers le spectateur. Comme un miroir, la surface rappelle notre capacité d’autocontemplation et notre propension à confondre lucidité et narcissisme. Fin du monde sous filtre doux ne dénonce pas frontalement : l’œuvre observe, avec une ironie douce mais implacable, notre aptitude à filtrer l’alarme tant que l’image demeure belle.
Détails de l’œuvre
Titre : Fin du monde sous filtre doux
Artiste : Joan Seed
Année : 2025
Technique : Collage numérique en techniques mixtes
Formats : 76,2 × 76,2 cm (30 × 30 po) // 152,4 × 152,4 cm (60 × 60 po)
Support : Impression giclée de qualité muséale sur papier coton texturé archivistique
Édition : Tirage limité, signé et numéroté
Livraison : 150 $ CA – expédition internationale possible.
Droits d’auteur : © Joan Seed. Tous droits réservés.