Pendant moi, les flammes
Ma façon d’agir en cas d’urgence
La lettre de Joan
Chère amie,
On me demande souvent comment j’agis en cas d’urgence.
Je m’allonge, évidemment.
Les flammes offrent une lumière remarquablement flatteuse. Il serait dommage de ne pas en profiter. Cela me paraît parfaitement raisonnable.
On m’a reproché mon manque de décence. J’avoue ne pas très bien comprendre. Les flammes, elles, ne m’ont jamais jugée. Elles se contentent d’éclairer admirablement mon profil.
Si la civilisation tient tant à s’effondrer, je préférerais qu’elle le fasse sans me faire de l’ombre.
Avec mon ardente affection,
Joan
Regard sur l’œuvre
Allongée sur un matelas pneumatique, une femme en bikini se prélasse avec une insolente désinvolture devant un immense brasier. Rien, dans sa posture, ne laisse croire que l’incendie l’inquiète. Bien au contraire. Son corps semble épouser la chaleur des flammes avec une forme de jouissance, comme si la catastrophe ouvrait un espace où tout devenait permis.
À première vue, la scène pourrait sembler absurde. Or, Joan Seed s’éloigne du réalisme pour mettre en scène une disposition intérieure. Le brasier devient progressivement autre chose : le décor où une certaine manière de répondre à la catastrophe se révèle.
Le titre, Pendant moi, les flammes, intrigue d’abord. Le sous-titre, Ma façon d’agir en cas d’urgence, déplace ensuite le regard vers cette femme et la manière dont elle choisit d’habiter la catastrophe. Plus on l’observe, plus une question s’impose : qu’est-ce qui se joue exactement sous nos yeux?
La scène conduit presque naturellement vers une Rome imaginaire. La silhouette monumentale du bâtiment évoque le Colisée sans toutefois le représenter véritablement. Surgit alors le souvenir de l’empereur Néron contemplant la ville en proie aux flammes, tel que l’ont dépeint les historiens romains Suétone et Dion Cassius. Que cette image qui nous est parvenue corresponde fidèlement à la réalité historique ou non importe assez peu dans le contexte de cette œuvre. Ce qui nous accompagne ici, c’est une figure devenue emblématique d’une proximité troublante entre le pouvoir, le spectacle et la catastrophe.
Cette proximité ouvre une réflexion plus vaste sur la notion de décence. Pendant des siècles, celle-ci s’est souvent exprimée à travers les codes du vêtement, de la bienséance ou du maintien. Joan Seed semble déplacer la question. Lorsque le monde brûle, l’indécence réside-t-elle dans l’exposition du corps ou dans l’exhibition de l’insouciance?
D’autres œuvres et d’autres époques ont proposé des réponses très différentes à cette même expérience du désastre. Dans Fin du monde sous filtre doux, Seed présentait le péril climatique sous une forme atténuée où la douceur du quotidien favorisait le déni. L’historien français du XIXᵉ siècle Jules Michelet observait, dans un tout autre contexte, qu’une société épuisée par de longues années de bouleversements pouvait finir par aspirer avant tout au repos. Le repos devenant alors une manière de mettre un terme au chaos. La célèbre affiche Keep Calm and Carry On, créée au début de la Seconde Guerre mondiale, devait proposer aux Britanniques, en cas d’invasion, une forme de calme portée par le courage, la solidarité et la détermination.
Ici, le repos épouse le désastre. La baigneuse accueille le cataclysme avec une joyeuse fatalité, comme s’il la libérait de toute obligation morale et la dispensait de tout devoir de solidarité, transformant l’urgence en célébration.
La formule « Après moi, le déluge » – attribuée tantôt à Madame de Pompadour tantôt à Louis XV – trouve un écho singulier. Car si le déluge appartient encore à l’avenir, l’incendie, lui, est déjà bien présent. « Pendant moi, les flammes » semble donc convenir davantage. Finalement, la question n’est peut-être plus de savoir si la catastrophe viendra. Elle consiste plutôt à reconnaître la manière dont on choisit de vivre lorsqu’elle est déjà là.
-Louis Morency
Échos contextuels
À une époque où les catastrophes, les conflits et les crises environnementales occupent quotidiennement notre espace médiatique, Pendant moi, les flammes résonne avec une acuité particulière. Par son sous-titre, Ma façon d’agir en cas d’urgence, Joan Seed nous invite à porter un autre regard sur ces situations. La catastrophe devient le point de départ d’une réflexion sur les attitudes qu’elle révèle, les choix qu’elle met en lumière et les différentes manières d’habiter les périodes de crise.
En faisant de l’urgence un lieu de jouissance, Joan Seed ne décrit peut-être pas une personne en particulier. Elle donne une forme saisissante à une tentation qui traverse les périodes de crise. Déni, courage, lassitude, fatalisme ou insouciance composent autant de réponses possibles aux bouleversements qui traversent nos sociétés. L’œuvre nous invite à les observer avec lucidité et à reconnaître celles qui nous sont parfois les plus familières.
Détails de l’œuvre
Titre : Pendant moi, les flammes
Artiste : Joan Seed
Technique : Collage en techniques mixtes
Tirage en édition limitée, signé et numéroté à la main
Support : Impression giclée de qualité musée sur papier coton texturé archival
Formats offerts :
• 76,2 × 76,2 cm (30 × 30 po)
• 152,4 × 152,4 cm (60 × 60 po)
Livraison : Tarif fixe de 175 $ CA par commande.
Pour acquisitions, demandes d’information et commandes spéciales : joan@joanseed.ca
© 2026 Joan Seed. Tous droits réservés. Toute reproduction, représentation, diffusion ou utilisation de cette œuvre, en tout ou en partie, est interdite sans l’autorisation écrite préalable de l’artiste.
Ma façon d’agir en cas d’urgence
La lettre de Joan
Chère amie,
On me demande souvent comment j’agis en cas d’urgence.
Je m’allonge, évidemment.
Les flammes offrent une lumière remarquablement flatteuse. Il serait dommage de ne pas en profiter. Cela me paraît parfaitement raisonnable.
On m’a reproché mon manque de décence. J’avoue ne pas très bien comprendre. Les flammes, elles, ne m’ont jamais jugée. Elles se contentent d’éclairer admirablement mon profil.
Si la civilisation tient tant à s’effondrer, je préférerais qu’elle le fasse sans me faire de l’ombre.
Avec mon ardente affection,
Joan
Regard sur l’œuvre
Allongée sur un matelas pneumatique, une femme en bikini se prélasse avec une insolente désinvolture devant un immense brasier. Rien, dans sa posture, ne laisse croire que l’incendie l’inquiète. Bien au contraire. Son corps semble épouser la chaleur des flammes avec une forme de jouissance, comme si la catastrophe ouvrait un espace où tout devenait permis.
À première vue, la scène pourrait sembler absurde. Or, Joan Seed s’éloigne du réalisme pour mettre en scène une disposition intérieure. Le brasier devient progressivement autre chose : le décor où une certaine manière de répondre à la catastrophe se révèle.
Le titre, Pendant moi, les flammes, intrigue d’abord. Le sous-titre, Ma façon d’agir en cas d’urgence, déplace ensuite le regard vers cette femme et la manière dont elle choisit d’habiter la catastrophe. Plus on l’observe, plus une question s’impose : qu’est-ce qui se joue exactement sous nos yeux?
La scène conduit presque naturellement vers une Rome imaginaire. La silhouette monumentale du bâtiment évoque le Colisée sans toutefois le représenter véritablement. Surgit alors le souvenir de l’empereur Néron contemplant la ville en proie aux flammes, tel que l’ont dépeint les historiens romains Suétone et Dion Cassius. Que cette image qui nous est parvenue corresponde fidèlement à la réalité historique ou non importe assez peu dans le contexte de cette œuvre. Ce qui nous accompagne ici, c’est une figure devenue emblématique d’une proximité troublante entre le pouvoir, le spectacle et la catastrophe.
Cette proximité ouvre une réflexion plus vaste sur la notion de décence. Pendant des siècles, celle-ci s’est souvent exprimée à travers les codes du vêtement, de la bienséance ou du maintien. Joan Seed semble déplacer la question. Lorsque le monde brûle, l’indécence réside-t-elle dans l’exposition du corps ou dans l’exhibition de l’insouciance?
D’autres œuvres et d’autres époques ont proposé des réponses très différentes à cette même expérience du désastre. Dans Fin du monde sous filtre doux, Seed présentait le péril climatique sous une forme atténuée où la douceur du quotidien favorisait le déni. L’historien français du XIXᵉ siècle Jules Michelet observait, dans un tout autre contexte, qu’une société épuisée par de longues années de bouleversements pouvait finir par aspirer avant tout au repos. Le repos devenant alors une manière de mettre un terme au chaos. La célèbre affiche Keep Calm and Carry On, créée au début de la Seconde Guerre mondiale, devait proposer aux Britanniques, en cas d’invasion, une forme de calme portée par le courage, la solidarité et la détermination.
Ici, le repos épouse le désastre. La baigneuse accueille le cataclysme avec une joyeuse fatalité, comme s’il la libérait de toute obligation morale et la dispensait de tout devoir de solidarité, transformant l’urgence en célébration.
La formule « Après moi, le déluge » – attribuée tantôt à Madame de Pompadour tantôt à Louis XV – trouve un écho singulier. Car si le déluge appartient encore à l’avenir, l’incendie, lui, est déjà bien présent. « Pendant moi, les flammes » semble donc convenir davantage. Finalement, la question n’est peut-être plus de savoir si la catastrophe viendra. Elle consiste plutôt à reconnaître la manière dont on choisit de vivre lorsqu’elle est déjà là.
-Louis Morency
Échos contextuels
À une époque où les catastrophes, les conflits et les crises environnementales occupent quotidiennement notre espace médiatique, Pendant moi, les flammes résonne avec une acuité particulière. Par son sous-titre, Ma façon d’agir en cas d’urgence, Joan Seed nous invite à porter un autre regard sur ces situations. La catastrophe devient le point de départ d’une réflexion sur les attitudes qu’elle révèle, les choix qu’elle met en lumière et les différentes manières d’habiter les périodes de crise.
En faisant de l’urgence un lieu de jouissance, Joan Seed ne décrit peut-être pas une personne en particulier. Elle donne une forme saisissante à une tentation qui traverse les périodes de crise. Déni, courage, lassitude, fatalisme ou insouciance composent autant de réponses possibles aux bouleversements qui traversent nos sociétés. L’œuvre nous invite à les observer avec lucidité et à reconnaître celles qui nous sont parfois les plus familières.
Détails de l’œuvre
Titre : Pendant moi, les flammes
Artiste : Joan Seed
Technique : Collage en techniques mixtes
Tirage en édition limitée, signé et numéroté à la main
Support : Impression giclée de qualité musée sur papier coton texturé archival
Formats offerts :
• 76,2 × 76,2 cm (30 × 30 po)
• 152,4 × 152,4 cm (60 × 60 po)
Livraison : Tarif fixe de 175 $ CA par commande.
Pour acquisitions, demandes d’information et commandes spéciales : joan@joanseed.ca
© 2026 Joan Seed. Tous droits réservés. Toute reproduction, représentation, diffusion ou utilisation de cette œuvre, en tout ou en partie, est interdite sans l’autorisation écrite préalable de l’artiste.