Mon corps, ta communion | Du partage à la prise
Le mot de Joan:
Ma chère,
Il fut un temps où l’on appelait cela nourrir.On parlait de dévouement. De repas. De ce qu’il faut faire pour les autres.
Entre le geste et ce qu’il devient, quelque chose s’est déplacé.
Je me suis retrouvée à table, autrement.Pas tout à fait invitée.
Plutôt servie.
Bon appétit. Joan
Regard sur l’œuvre
La série Mon corps, ta communion s’énonce d’emblée comme un ensemble cohérent. Toutes les œuvres rejouent, à leur manière, la scène de la Dernière Cène, où le Christ offre son Corps et son Sang aux apôtres et aux disciples sous forme de pain et de vin. Rapportée par les évangélistes Marc, Matthieu et Luc, cette scène est à l’origine de l’institution de l’Eucharistie, où le corps et le sang deviennent geste de mémoire et invitent à l’actualisation du lien.
Joan Seed s’en saisit pour en renverser la logique.
Dans chacune des images, une personne offre son corps. D’autres le consomment, ou s’apprêtent à le faire. Le geste reste lisible. Il évoque le partage et la rencontre, esquissant la possibilité d’un lien.
Mais ce qui s’y joue s’en éloigne.
Le corps est présenté comme lieu de rencontre. Pourtant, celui ou celle qui s’en approche ne semble pas tant répondre à cet appel qu’y trouver matière à satisfaire un besoin plus personnel. Le geste s’attarde, prélève, jusqu’à transformer le rapport. Il cherche moins à entrer en relation qu’à tirer de l’autre ce qu’il peut en extraire.
Quelque chose se déplace alors dans la scène. Le don de soi glisse vers une forme de sacrifice, parfois consenti, puis de moins en moins maîtrisé. Ce qui s’offrait comme présence devient peu à peu ressource.
L’écho avec certaines lectures anciennes résonne. Pour certains observateurs païens des premiers siècles, les paroles de la Cène avaient été prises au pied de la lettre. Les chrétiens furent alors perçus comme des mangeurs de chair et de sang, soupçonnés de pratiques cannibales. La série en reprend l’imaginaire, sur un mode figuré, pour en déplacer la portée vers des situations relationnelles contemporaines.
À mesure que le geste se répète, une impression persiste. Celle d’un corps vidé, absorbé, progressivement laissé en retrait. Le lien, lui, devient plus difficile à saisir. Il semble promis, mais rarement tenu.
Entre communion et consommation, l’écart se resserre. Il suffit de peu pour que le lien se transforme en prise.
Échos contextuels
Joan Seed développe, dans cette série, une réflexion sur les formes contemporaines de relation, de don et d’appropriation, en s’appuyant sur des images issues de l’imaginaire domestique et publicitaire du milieu du XXe siècle. Par l’entremise du collage numérique, elle recompose ces références pour en révéler les tensions sous-jacentes. En convoquant la Cène et les gestes qui lui sont associés, elle met en jeu une structure culturelle profondément ancrée, où le partage du corps est lié à l’idée de communion.
Cette structure est ici déplacée vers des dynamiques plus ambivalentes, où le lien peut se confondre avec des formes d’extraction, d’usage ou d’épuisement. Le travail de Joan Seed s’inscrit dans une filiation avec le collage surréaliste et les pratiques artistiques critiques qui interrogent les systèmes de représentation. En rejouant des scènes familières et en en modifiant subtilement les codes, elle crée des images où le quotidien bascule, laissant apparaître des rapports de pouvoir, de désir et de disponibilité du corps.
Détails de l’œuvre
Titre : Mon corps, ta communion
Artiste : Joan Seed
Technique : Collage en techniques mixtes
Tirage en édition limitée, signé et numéroté à la main
Support : Impression giclée de qualité musée sur papier coton texturé archival
Formats offerts :
• 76,2 × 76,2 cm (30 × 30 po)
• 152,4 × 152,4 cm (60 × 60 po)
Livraison : Tarif fixe de 175 $ CA par commande.
Pour acquisitions, demandes d’information et commandes spéciales : joan@joanseed.ca
© 2026 Joan Seed. Tous droits réservés. Toute reproduction, représentation, diffusion ou utilisation de cette œuvre, en tout ou en partie, est interdite sans l’autorisation écrite
Le mot de Joan:
Ma chère,
Il fut un temps où l’on appelait cela nourrir.On parlait de dévouement. De repas. De ce qu’il faut faire pour les autres.
Entre le geste et ce qu’il devient, quelque chose s’est déplacé.
Je me suis retrouvée à table, autrement.Pas tout à fait invitée.
Plutôt servie.
Bon appétit. Joan
Regard sur l’œuvre
La série Mon corps, ta communion s’énonce d’emblée comme un ensemble cohérent. Toutes les œuvres rejouent, à leur manière, la scène de la Dernière Cène, où le Christ offre son Corps et son Sang aux apôtres et aux disciples sous forme de pain et de vin. Rapportée par les évangélistes Marc, Matthieu et Luc, cette scène est à l’origine de l’institution de l’Eucharistie, où le corps et le sang deviennent geste de mémoire et invitent à l’actualisation du lien.
Joan Seed s’en saisit pour en renverser la logique.
Dans chacune des images, une personne offre son corps. D’autres le consomment, ou s’apprêtent à le faire. Le geste reste lisible. Il évoque le partage et la rencontre, esquissant la possibilité d’un lien.
Mais ce qui s’y joue s’en éloigne.
Le corps est présenté comme lieu de rencontre. Pourtant, celui ou celle qui s’en approche ne semble pas tant répondre à cet appel qu’y trouver matière à satisfaire un besoin plus personnel. Le geste s’attarde, prélève, jusqu’à transformer le rapport. Il cherche moins à entrer en relation qu’à tirer de l’autre ce qu’il peut en extraire.
Quelque chose se déplace alors dans la scène. Le don de soi glisse vers une forme de sacrifice, parfois consenti, puis de moins en moins maîtrisé. Ce qui s’offrait comme présence devient peu à peu ressource.
L’écho avec certaines lectures anciennes résonne. Pour certains observateurs païens des premiers siècles, les paroles de la Cène avaient été prises au pied de la lettre. Les chrétiens furent alors perçus comme des mangeurs de chair et de sang, soupçonnés de pratiques cannibales. La série en reprend l’imaginaire, sur un mode figuré, pour en déplacer la portée vers des situations relationnelles contemporaines.
À mesure que le geste se répète, une impression persiste. Celle d’un corps vidé, absorbé, progressivement laissé en retrait. Le lien, lui, devient plus difficile à saisir. Il semble promis, mais rarement tenu.
Entre communion et consommation, l’écart se resserre. Il suffit de peu pour que le lien se transforme en prise.
Échos contextuels
Joan Seed développe, dans cette série, une réflexion sur les formes contemporaines de relation, de don et d’appropriation, en s’appuyant sur des images issues de l’imaginaire domestique et publicitaire du milieu du XXe siècle. Par l’entremise du collage numérique, elle recompose ces références pour en révéler les tensions sous-jacentes. En convoquant la Cène et les gestes qui lui sont associés, elle met en jeu une structure culturelle profondément ancrée, où le partage du corps est lié à l’idée de communion.
Cette structure est ici déplacée vers des dynamiques plus ambivalentes, où le lien peut se confondre avec des formes d’extraction, d’usage ou d’épuisement. Le travail de Joan Seed s’inscrit dans une filiation avec le collage surréaliste et les pratiques artistiques critiques qui interrogent les systèmes de représentation. En rejouant des scènes familières et en en modifiant subtilement les codes, elle crée des images où le quotidien bascule, laissant apparaître des rapports de pouvoir, de désir et de disponibilité du corps.
Détails de l’œuvre
Titre : Mon corps, ta communion
Artiste : Joan Seed
Technique : Collage en techniques mixtes
Tirage en édition limitée, signé et numéroté à la main
Support : Impression giclée de qualité musée sur papier coton texturé archival
Formats offerts :
• 76,2 × 76,2 cm (30 × 30 po)
• 152,4 × 152,4 cm (60 × 60 po)
Livraison : Tarif fixe de 175 $ CA par commande.
Pour acquisitions, demandes d’information et commandes spéciales : joan@joanseed.ca
© 2026 Joan Seed. Tous droits réservés. Toute reproduction, représentation, diffusion ou utilisation de cette œuvre, en tout ou en partie, est interdite sans l’autorisation écrite
“Tossed Thoughtfully” holds particular value for collectors of iconoclastic feminist works, and offers a multi-layered lens through which to interrogate the historical myth of the content housewife. The clean composition and use of vintage advertising aesthetics make it an excellent acquisition for private collectors, institutional archives, and curated exhibitions centered on:
Feminist visual history
The 1950s domestic ideal
Surrealist anatomical symbolism
Humor in critical art